VÉRITÉ & RÉCONCILIATION... & IMPUNITÉ !

Depuis la chute de l’Apartheid, et la commission « Vérité et réconciliation » qui a permis à l’Afrique du sud de passer ce cap de mutation de la société sans sombrer dans la guerre civile, le principe de « vérité et réconciliation » (les anciens bourreaux avouent, racontent, et sont pardonnés) est tenté dans de nombreux pays sortant de crise.

MAIS si l’Afrique du sud a fait l’économie d’une sanglante guerre civile, elle est en ce début du XXIe siècle, le pays le plus violent du monde.

Parce que « Vérité et réconciliation » a aussi consacré l’impunité ?


Documents joints

  Suffit-il de se réconcilier pour avoir la paix ? - France Culture - « Du grain à moudre », 25 septembre 2011
Accès à l’émission sur le site de France Culture.
Le lieu choisi ne doit rien au hasard. C’est à Yamoussoukro, le fief du père de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, qu’a été installée tout à l’heure la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. La mission qui lui est assignée n’est pas mince : il s’agit de rétablir durablement la paix civile, dans un pays, la Côte d’Ivoire, encore traumatisé par les violences qui ont suivi la dernière élection présidentielle, en novembre dernier.
Battu par Alassane Ouattara mais refusant de reconnaître sa défaite, Laurent Gbagbo avait décidé de se maintenir coûte que coûte au pouvoir. S’en était suivies deux semaines de guerre, faisant au moins 3 000 morts.
Pour tenter de solder cet épisode sanglant, et permettre aux Ivoiriens de revivre ensemble, les nouveaux dirigeants du pays ont donc fait le choix, non pas d’un recours à la justice pénale (comme c’est par exemple le cas au Cambodge) mais d’une Commission de réconciliation : un modèle de « sortie de crise », popularisé et légitimé par l’expérience sud-africaine : expérience menée par Desmond Tutu pour permettre à l’Afrique du sud d’en finir avec l’apartheid sans désosser le pays.
C’est d’ailleurs l’exemple sud-africain qui a guidé l’initiative ivoirienne.
Mais il ne suffit de mettre en place de telles commissions pour obtenir une authentique réconciliation. En Côte d’Ivoire, les partisans de l’ancien président font remarquer que Laurent Gabgbo est aujourd’hui en prison quand, dans le même temps, aucune figure du camp d’Alassane Ouattara n’a été inquiétée, alors que des exactions ont été perpétrées par les deux camps.
Quelles sont les conditions à remplir pour que de tels processus soient efficaces et durables ? C’est notre sujet du jour.
Invités :
François Bizot, anthropologue et romancier
Sandrine Lefranc, sociologue
Philippe-Joseph Salazar , rhétoricien et philosophe
  Suffit-il de se réconcilier pour avoir la paix ? - France Culture, « Du grain à moudre », 25 septembre 2011
Accès au fichier mp3
  HRW interpelle Ban Ki-moon sur l`impunité au Liberia et en Côte d`Ivoire - AFP, 21 avril 2008

Navigation